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 Histoire de Shiva

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Shiva
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MessageSujet: Histoire de Shiva   Ven 25 Fév - 16:18

Du début
à la fin


Chapitre I

Je descendais les escaliers le plus vite possible. Il était 13h passé et aujourd'hui, Papa m'avait promis que je pouvais l'aider. Le bois craquais sous mes pas. Je traversais le salon à toute vitesse et me dirigeais vers la porte quand une voix m'arrêta.

-Shivaaa...Je peux savoir où tu cours comme ça ?-

-Je vais voir Papa, il a dit que je pouvais l'aider au magasin.-

-Et tu comptais sortir sans te couvrir et les cheveux dans cet état ? Tu veux faire fuir les clients ?-

Ma mère se leva de son fauteuil avec un sourire plein de tendresse sur le visage. Elle s'avança vers moi et s'accroupit pour se mettre à ma hauteur. De la poche de son tablier elle sortit un fin peigne de bois clair. Avec beaucoup de douceur, elle entreprit de démêler mes cheveux. Je me laissais faire sans bouger. J'aimais bien quand Maman me coiffait, ça me donnait des frissons dans le dos. Je voulais avoir des cheveux aussi beaux que ceux de ma mère. Elle était si belle... C'était une grande femme aux formes généreuses et pourtant très harmonieuses, un visage enfantin et un sourire toujours rayonnant. Elle avait des pépites d'or dans les yeux qui brillaient quand elle riait et de très longs cheveux avec des belles boucles aussi rousse que des feuilles d'automne. Son pouvoir était de faire fleurir les bourgeons aussi avait elle toujours des rubans et des fleurs dans ses cheveux. Elle sentait toujours bon, cuisinait comme personne et savait me raconter des histoires incroyables.
Quand elle estima que j'étais déjà plus présentable, elle retira le châle qu'elle portait sur les épaules et le noua autour de moi comme une cape non sans l'avoir plié avant pour qu'il ne traîne pas par terre.

-Voila petite sauvageonne, file maintenant.-

Avec un large sourire je fis volte-face et après m'être mise sur la pointe des pieds pour atteindre la poignée, je m'élançais dans la rue pour rejoindre la boutique. Je connaissais le chemin par cœur. Notre épicerie était dans la rue parallèle à la notre et pour y accéder plus vite, je passais entre les maisons, dans les petites ruelles de terre. Il faisait très beau, c'était le début du printemps et tout le monde avait du travail. Il fallait préparer et semer les champs pour l'été, on retournait à la cueillette et les chasseurs partaient dans la forêt pour chasser les oiseaux qui étaient revenu du désert. Les rivières étaient pleines de poissons et on pouvait même espérer trouver quelques grenouilles. Je croisais bon nombre de voisins et habitants du village qui me saluèrent au passage. Je leur adressais un sourire et un signe de la main rapide avant de m'engouffrer dans une ruelle sombre entre deux maisons.
Il y avait tout juste la place pour qu'un adulte passe de front. Loin au-dessus de moi, les toits se touchaient presque et les fenêtres étaient en vis à vis. Deux sœurs habitaient ces maisons. Elles s'aimaient tant qu'elles avaient voulu être voisines. La promiscuité ne les dérangeait donc pas. Aujourd'hui elles étaient vieilles et venaient de temps en temps à la maison pour manger et discuter avec Maman. J'aimais bien leur histoires et leurs souvenirs de jeunesse. Quand mes parents devaient s'absenter, j'étais toujours chez l'une ou l'autre qui me gardais la journée. Elles m'apprenaient bon nombre de choses que je m'efforçais de retenir.
Je débouchais entre les deux jardins. Je traversais la petite allée pavée qui avait été aménagée entre les deux clôtures avant de m'engager de nouveau entre deux maisons. Enfin je me retrouvais dans la rue principale qui était parallèle à la nôtre. L'agitation était grande par ici. Il fallait faire attention de ne foncer dans les jambes de personne, de ne pas faire peur aux Icoirues montés par les voyageurs, éviter de se faire écraser par les charrettes et les chevaux... Tout un exercice pour un enfant. Je me faufilais entre les gens avec agilité, trottinant pour atteindre plus vite mon but. La boutique se trouvais un peu plus haut dans la rue. Je me retins de rester devant la vitrine d'un marchant de tissu qui exposait des robes mais aussi des peluches qu'il fabriquait avec les chutes restantes. Enfin j'arrivais en vu de l'épicerie. Il me fallait encore traverser la rue pour y entrer mais je voyais déjà l'enseigne en bois peint et les étales. Avec milles et une précautions, je traversais en prenant garde à tous les passants et j'atteins mon but. Je poussais la porte et fis tinter la clochette. Il y avait une dame avec un panier, un couple un peu âgé qui regardaient des légumes et mon père, derrière son comptoir. Au son de la clochette, il détourna le regard de la dame avec qui il parlait et le posa sur moi. Un grand sourire lui fendit le visage.
Mon père était un homme plutôt grand, à la charpente large et imposante. Transporter des caisses et bricoler lui avait sculpté une musculature digne de celle d'un bœuf et j'étais persuadée qu'il était l'homme le plus fort du monde. Il portait une barbe à la Souvorov qui pouvait lui donner un air bourru mais lui éclairait le visage quand il souriait. Il avait un rire tonitruant qu'on pouvait entendre de loin mais qui donnait aussi envi de rire tant il était contagieux. Ma Maman disait qu'elle l'avait épousé pour ça.

-Papa ! Je viens t'aider à vendre des choses !-

-Je vois ça ma fleur. J'ai même un cadeau spécialement pour toi !-

Toute excitée, je m'avançais jusqu'au comptoir. La dame me regardait avec un sourire amusé et le couleur s'était retourné pour regarder ce qu'il se passait. Eux aussi semblaient bien s'amuser. Je les connaissais un peu, ils étaient très gentils mais n'arrêtaient pas de se chamailler.
Mon père longea sons son comptoir et en ressortit avec un paquet emballé de papier craft. Je tendis les mains pour le recevoir et avec délicatesse je défis l'emballage. J'avais appris à être soigneuse avec les choses.

-Wouhaaa ! C'est trop bien ! Il est pour moi ?-

-Regarde, il est pile poil à ta taille. Et il y a ton nom brodé dessus.-

Je venais de découvrir au fond du paquet un très joli tablier aux mêmes couleurs que celui de mon père. Mon nom était brodé au fil vert lumineux sur la poche du devant. Je ne tardais pas à l'enfiler et le montrais à tout le monde dans la boutique. La dame me dit que j'étais très jolie et la vieille villageoise me demanda de faire un tour su moi même et une révérence. Je m'exécutais avec un grand sourire, heureuse de mon cadeau et de jouer les princesses. Je me tournais vers mon père, radieuse.

-Merci Papa ! Maintenant je suis une vraie vendeuse !-

-Tu as toujours été une vraie vendeuse ma chérie. Maintenant tu es simplement assez grande pour porter le tablier.-

-Je pourrais l'emmener à la maison pour le montrer à Maman ?-

-Non, il restera ici avec le mien. Mais Maman doit passer demain, tu pourras venir en même temps qu'elle et lui montrer, d'accord ?-

-D'accord !-

Je passais derrière le comptoir à mon tour. J'avais un escabeau spécialement pour moi pour pouvoir regarder les gens par-dessus car j'étais encore trop petite pour pouvoir être par terre et visible. La dame demanda alors un mélange spécial d'herbes médicinales. Mon père me mis sous le nez un bol avec une roulette de pierre. Du centre partaient deux bouts de bois. Je savais quel était mon rôle. Avec beaucoup d'application, je fis rouler la pierre sur les herbes qu'il me mettait dans le bol pour les réduire en poussière et bien les mélanger. Je prenais mon rôle très à coeur et je faisais très attention qu'il ne reste pas de gros bout. Cela me pris quelques minutes pour que tout soit réduit en fines particules. Mon père me prit alors le bol et versa dans un petit pot en bois refermable la poudre.

-C'est pour soigner quoi ça, Madame ?-


-C'est pour de la fièvre. Mon mari est tombé malade à cause d'une grosse averse, il a attrapé froid. Il a beaucoup de fièvre et pour la faire tomber, j'ai besoin de ça.-


-Il va vite guérir alors parce que mon Papa il vend des herbes magiques. Elles peuvent soigner les gens, même les blessés !-

-Je n'en doute pas un instant ma petite.-

La femme me sourit, remercia, paya et sortit dans un bruit de clochette. J'étais fier de moi.
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