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 [PV]Les ombres de la nuit

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Nagaliel
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MessageSujet: [PV]Les ombres de la nuit   Sam 29 Jan - 20:55

[HRP : Ce topic est privé entre Nagaliel & Sibyl. Si vous désirez y participer, merci de nous envoyer un MP.]

Le fleuve Nincia est l’essence même de toutes les choses possédant une âme. Son humeur est en mesure de changer lorsque bon lui semble. Il peut être doux, mais aussi un guerrier redoutable et personne ne résiste à son arme, la violence même de l’eau. Le soir venu, les reflets du soleil illuminent le fleuve d’un bleu splendide dont je ne cesse de l'observer chaque nuit lorsqu’il m’est possible de le faire. C’est le seul plaisir que me procure ce voyage ; observer les rayons du soleil se refléter sur la surface de l’eau tout en le colorant de tons bleutés. Naturellement, il faut que le fleuve soit calme et reposé pour espérer y observer quoi que ce soit. Mes derniers jours n’eurent rien de passionnants. Je n’eus fait que longer le fleuve bravant la pluie. Je fus, d’ailleurs, plutôt heureuse de cette pluie. Cette douce pluie qui avait refroidit mon corps durant des jours entiers. Elle n’était plus là désormais.

Assise dans l’herbe fraîche, les mains derrière le dos, j’observe le courant de l’eau. Il est serein. Je ne sais pourquoi, mais je vins à penser au temps d’autrefois où tout était si simple et si pur. Le temps où l’enfant que j’étais vivait des jours heureux. Je soupir un court instant, repensant à toutes mes erreurs de jeunesse. Toutes ses choses qui m'ont conduite jusqu’ici. Mon esprit me montre alors mon ami Rána, qui par la fureur du feu, avait vécu une vie misérable. Une vie d’esclave. Je me souviens du jour où il fut enfin libre. Ce jour à la fois sombre et rempli de lumière. Je n’ai pas honte de ce que j’ai fait et c’est sans doute pour cela que j’ai passé près de cinq printemps à souffrir le martyr, pour une bonne raison. Mais, qui accepterait d’écouter les paroles d’une jeune femme? Qui accepterait de dire que nos traditions ne sont qu’idioties? Il faut croire que je suis la seule à le croire, car les parias sont toujours considérés comme des êtres inférieurs et ce, même si je crois le contraire. Pour eux, je suis le problème, car j’ai été en mesure de faire ce que tous refuse de faire ; tenir tête … et j’en aie payé le prix. Peu importe ! Je regarde de nouveau le fleuve. Une idée me traverse alors l’esprit ; pourquoi ne pourrai-je pas me baigner un peu ? Histoire de me rafraîchir.

Je me lève doucement, tournant de gauche à droite mon regard pour être certaine qu’il n’y a personne. Tranquillement, je m’avance vers le fleuve. À l’aide de mon pied, je vérifie la température de l’eau. Aucun problème pour mon corps. Naturellement, puisque sa température est de loin supérieur à la moyenne.

- Voilà le seul avantage que je t’ai trouvé … prendre des bains de nuit.

* C’est pitoyable *

Je regarde de nouveau pour voir s’il y a quelqu’un. Le seul bruit que j’entends est celui de la faune et de la flore. Je commence donc par retirer mon capuchon, dévoilant ainsi le tissu cachant mes yeux et le reste de mon visage. Je passe tranquillement ma main droite sous mes cheveux afin que ceux-ci puissent virevolter dans le vent léger de la nuit. Puis, je retire le tissu. Je prends une courte pause, laissant à mes yeux le temps de s’ajuster à la lumière. J’en profite, par la même occasion, pour continuer à écouter le son de la nature, encore rien. Le silence restera donc maître de ses lieux. Pourtant, je n’y vois aucun inconvénient. Moins il y a de personne, et plus je puis vivre simplement. J’enlève ma cape, laissant percevoir mes épaule et la dépose sur le sol près d’un rocher non loin du fleuve (mais suffisamment pour qu’elle ne soit pas mouillée). Je fis de même pour le reste de mes vêtements. Puis, j’entre dans l’eau. Qu’elle sensation sublime que de ne pas ressentir la chaleur. Je sais qu’elle y est toujours, mais la moindre fraîcheur est pour moi un pur bonheur. Sans plus attendre, je plonge ma tête sous l’eau et m’empresse de me rendre près d’un rocher. Je reste un instant la tête hors de l’eau, observant le deuxième soleil. Après quelques minutes à peine de contemplation, la racine de mes cheveux commence déjà sécher.

* Ce don ne me laisse dont jamais une chance? Je ne peux même pas observer les astres sans qu’une mèche de mes cheveux ne sèche *

Néanmoins, je ne suis pas pour autant plus abattue que je ne le suis déjà. J’ai appris à vivre avec ce que la vie m’avait donné. Cette constante chaleur était mienne et je pense bien que je n’aurai jamais la chance de la voir disparaître un jour. Je devais vivre avec le fardeau de blesser toutes les personnes sans immunités contre le feu qui oseraient me toucher.

Je mis mes mains sur le rocher afin de me hisser hors de l’eau. Puis, collèrent mes pieds ensemble afin d’y déposer mon menton. Ma marque sur mon cou restait cependant camouflée derrière mes cheveux. Tranquillement, tout en observant les astres, l’eau sur mon corps s'évaporait.


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Sibyl
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MessageSujet: Re: [PV]Les ombres de la nuit   Dim 30 Jan - 2:01

Et bien, quelle journée !
Après avoir marché pendant presque une semaine sous la pluie, ça avait été un véritable plaisir de retrouver le soleil. J'avais même fait une longue pause pour me ressourcer un peu et recharger mes batteries. Je me sentais faible et froide après toute cette humidité ambiante. Heureusement, la chaleur des rayons m'avait redonné de l'énergie et c'est d'un bon pied que j'avais repris ma route.
La forêt était amical et bruissait de mille et un bruits. Le chant des oiseaux m'avait accompagné toute la journée et je ne pouvais qu'admirer cette cathédrale tout en longueur et formée de troncs qu'étaient ces lieux. Le soleil perçait la voûte de feuillage et creusait des puits de lumière dans lesquels dansaient des centaines de petites poussières dorées. Je ne pouvais pas lever la tête, la lumière de la pleine journée était trop éblouissante pour mes yeux fragiles, même avec un bandeau pour les protéger. Mais je percevais toute la beauté des lieux. C'était revitalisant. Comme si de marcher à travers toute cette nature vivante faisait brûler plus encore la flamme en moi. Il n'y avait pas de doute possible: le Feu Originel était en chaque être et c'était comme si un brasier s'allumait et s'alimentait lui même quand autant de créatures vivantes se trouvaient au même endroit. Je marchais en silence sur le tapis de feuilles et de mousse, respectant le calme des bois et de la vie de ses hôtes.

Quand le premier soleil fini par décliner, je me mis en quête d'un endroit pour dormir. La nuit, bon nombre de créatures rôdaient et elles étaient bien souvent affamées. Je ne voulais pas finir comme dîner alors trouver un endroit inaccessible pour les fauves était une priorité à l'heure où les soleils disparaissent. Cette fois j'avais été chanceuse, de croisais un épais tailli épineux d'une taille très respectable. J'avais de la place pour m'allonger et faire mon camp sans avoir à me soucier des bêtes sauvage et l'opacité de végétaux m'assuraient une discrétion à toute épreuve. Sans compter les baies odorante qui poussaient dessus. Un vrai havre de paix. Je préparais mes affaires et ne gardant qu'un seul gant avec moi je pris ma gourde au passage et ressortis, direction le fleuve.

Je ne tardais pas à percevoir l'objet de mes recherches: je n'étais pas loin de l'orée de la forêt et la forêt n'était pas loin du fleuve. Ce long serpent brillant sous les soleils...
Je marchais jusqu'à la berge et la descendis sur quelques mètres. Je m'arrêtais près d'un amoncellement de gros rochers qui formaient un bassin d'eau calme, loin des courants et des profondeurs. Je me penchais pour recueillir le précieux liquide. Et comme la journée avait été longue, je décidais d'en profiter pour faire un brin de toilette. Il n'y avait personne aux alentours aussi je me décidais à me défaire de mes vêtements. Je posais le tout avec précaution dans un recoin sombre et ne gardais que mon bandeau. J'entrais dans l'eau et fit quelques brasses. Elle était fraîche mais agréable. Après avoir fait mon petit exercice aquatique, je regagnais un rocher et m'y arrimais. Il était temps de se confronter à la lumière. J'avais les yeux terriblement sensible mais ici, à l'ombre et avec les soleils couchants, je pouvais y voir sans trop souffrir. Je devais de toute façon m'entraîner. Depuis que j'étais sortie, je faisais cela tous les soirs. Au début c'était très douloureux mais à présent je pouvais y voir assez rapidement.

Je dénouais avec précaution le bandage que j'avais sur les yeux. Je le retirais entièrement, gardant les paupières closes. Puis, lentement, j'ouvris les yeux. La lumière s'y déversa avec une violence terrible et je les refermais tout de suite. Mais comme je ne voulais pas abandonner, j'ouvris de nouveau mes paupières. Mes prunelles vertes brillaient et des larmes me montèrent mais je tins bon et après un moment d'aveuglement et de papillonnement de cils, je retrouvais la vue. Tout semblait brouillé à première vue mais rapidement les contours retrouvèrent leur netteté. A présent deux émeraudes brillaient au milieu de la cascade de cheveux flamboyants qui encadrait mon visage. Je nouais mon bandeau autour de mon poignet et repris mes brasses. Je ne me doutais pas que derrière ces rochers qui me bouchaient la vue, il y avait quelqu'un...
Aussi sans prendre garde je me mis à chantonner un vieil air que notre nourrice Paria nous chantait souvent.
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Nagaliel
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MessageSujet: Re: [PV]Les ombres de la nuit   Dim 30 Jan - 18:51

Le temps continu de filer et moi, simple poussière dans un monde de géant, j’observe l’œuvre de la création sans dire mot, sans bouger le moindre muscle. D’ailleurs, j’ignore complètement pourquoi j’agis de cette façon. Ce n’est pas dans mes habitudes. Peut-être que cela voulait dire que je devais prendre le temps de me reposer un peu, de laisser la chance à mon corps de ce ressourcer. Ou est-ce tout simplement le fait que je devais me retrouver seule, avec moi-même, afin de pouvoir réfléchir un peu à ce que je devais faire. Prendre un court moment pour songer aux jours passés et prochains. Prendre un instant pour méditer et évacuer toutes les émotions négatives qui envahissaient mon être.

* Cette dernière idée n’est pas si mauvaise à vrai dire ! *

Je souris un court instant. Cette idée me semble soudainement étrange, voire même stupide. Mon esprit ne cesse de me répéter que je dois fuir. Que je ne dois pas m’arrêter. Que je dois le retrouver. À quoi bon ? Depuis tous ces printemps, il est loin désormais. Durant ces nombreuses lunes de souffrant, j’eus amplement le temps de me demander s’il s’était survit de moi ou s’il était réellement mon ami. Je ne saurai jamais la réponse.

Je place mes jambes en indien et mes bras sur chacune d’elle de sorte que le droit soit posé sur la jambe gauche et ainsi de suite. Je redresse mon dos, étirant par la même occasion ma colonne vertébrale. Chaque disque se met alors à craquer en harmonie formant ainsi l’un des pires concerts qui soient. Je frissonne un instant de dégoût puis me remets en place. J’inspire profondément laissant entrer l’air frais dans mes poumons. J’expire. Je le refais plusieurs fois, mais plus lentement. J’essaie, par la même occasion, d’évacuer toutes émotions négatives, mais sans grand succès. Cette méthode ne semble pas marcher sur moi. Je ferme les yeux et recommence une seconde fois le même manège. Encore rien ! Je soupire tout en ouvrant mes yeux. Le paysage n’a pas changé, les bruits sont toujours les mêmes. La nature me semble morte et inexistante tout comme elle l’était à Tormion. Ha ! Cette cité où les habitants en malmènent d’autres qu’ils jugent inférieurs. Les races songent-elles toutes de la même façon? Y a-t-il, en ce monde, une race qui ne prône pas cette logique? Y a-t-il des personnes qui pensent comme moi? Y a-t-il tout simplement une autre personne qui oserait faire ce que j’ai fait? Si ça n’avait pas été de ce minuscule problème, je n’en serais pas là!

Dans ma réflexion, j’entends une voix, un murmure chantonnant un air familier. Une réminiscence que par principe j’avais fini par oublier. Un simple souvenir perdu.

Je tourne légèrement la tête en direction de la voix forçant ainsi mon dos à aller vers l’arrière et à mes mains à se placer de manière à ce que je ne tombe pas. Alors que je ferme les yeux, une larme coule sur ma joue. Je repense à ma mère et à sa voix d’autrefois, celle qui me berçait lorsque je n’étais qu’une enfant. Tous ses souvenirs que je voulais oublier. Sur le coup, je ne m’en rends pas compte, mais je me mets à chanter. Chanter les mêmes mots, les mêmes paroles, mais en accord. La mélodie m’était tout simplement revenue et, je ne sais trop pourquoi, j’avais tout simplement envie de la chanter. Cela dura plus d’une minute, à chanter en cœur avec cette inconnue et … soudain, comme un violent coup au visage, je repris mon état normal.


* Je fais quoi là? Je vins clairement de dire à une inconnue que je suis derrière ce rocher *

Je m’arrête de chanter. Mon cœur bat rapidement. Ma respiration s’accélère. Tranquillement, je reprends mon calme et j’analyse la situation. Derrière ce gros rocher, il y a quelqu’un. Probablement une femme (si c’est un homme …). Aucune façon de savoir si elle est seule et si elle est armée.

* Je ne suis pas très présentable *

Je plonge tête la première dans l’eau, mouillant de nouveau mon corps. Peu importe, il sera sec sous peu. J’arrive rapidement au rivage. Je sors rapidement marche d’un pas rapide vers mes vêtements. Je ne laisse pas le temps à mon don de faire le travail. Je prends le tissu servant à recouvrir mes yeux et je l’entour autour de mon cou afin qu’il cache ma marque. Je m’empresse ensuite de me vêtir. Mon état redevient normal. Je m’installe vers la face cachée du rocher, celle n’étant pas visible du fleuve. Je mis adosse tout en me laissant glisser. Je place le capuchon de ma cape sur ma tête, tout comme il se doit être dans toute situation courante de ma vie. Puis …

… je ne fais plus un bruit. Je garde tous mes sens en alerte. Écoutant le moindre son. Au moindre problème, je suis prête à partir. Dans le plus profond de mon être, tout ce que j’espère est que cette personne soit seule et qu’elle n’ait pas la curiosité de venir jusqu’à moi.


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Sibyl
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MessageSujet: Re: [PV]Les ombres de la nuit   Dim 30 Jan - 19:55

Aussi étrange que cela puisse paraitre, le fait qu'une voix de plus m'accompagne ne me choqua pas. Je n'y prêtais même pas attention à vraie dire et si la chanson s'était terminée sur la même note, je n'aurai pas remarqué qu'il y avait bel et bien une autre personne qui chantait et pas simplement une hallucination auditive. Mais cette brusque coupure dans l'harmonie de cette berceuse enfantine me fit revenir à la réalité et un lourd silence s'installa. Le soleil avait presque complètement disparut et déjà le ciel devenait sombre. Bientôt la voûte céleste serait d'un noir d'encre piqué d'étoiles tandis qu'ici bas tout serait baigné d'une lumière bleue très tamisée. Je n'avais plus besoin de mon bandeau, je pouvais parfaitement supporter les derniers feux du jours. C'était un avantage si je devais faire face à un ennemi. En pleine journée, avec une sensibilité extrême au soleil, impossible de combattre sans mon bandeau car à un moment ou un autre, je serais face à la lumière et aveuglée pour un instant suffisant pour passer de vie à trépas. Au moins l'heure jouait à mon avantage.
L'idéal serait que celle qui chantait de l'autre coté du rocher ne soit que le fruit de mon imagination. Mais il fallait être sotte pour espérer ça. J'en avais de la chance: je parcourais le monde de long en large et il fallait que je tombe sur la seule personne à se balader dans ce coin de misère. Bon, la voix semblait indiquer qu'il s'agissait d'une femme. Elle aurait sonnée beaucoup plus grave sinon. En tout cas, j'espérais qu'il s'agisse bien d'une femme... Avec précautions, je regagnais la berge. Je sortis de l'eau sans faire de bruit. Avec lenteur je repris mes vêtements, les enfilant aussi vite qu'il est possible d'enfiler un pantalon quand on dégouline d'eau. Bon, au moins j'avais mes sous-vêtements, si je devais fuir ce ne serait pas en tenue d'Ève. La première chose que je fis fut de remettre mon gant à ma main. Autant être armée si possible.
Je passais mon pantalon en regardant de tous côtés: au-dessus, à droite, à gauche et même en face. Des fois qu'il sache se téléporter... La chemise fut presque une épreuve. Pour l'enfiler je devais accepter d'avoir les mains occupées et d'être dans une posture qui me mettrait à la merci du moindre coup. Mais je devais la mettre, je ne pouvais pas me présenter à demi nue. Mes cheveux dégoulinaient dans mon dos, trempant mes vêtements de haut en bas. Super confortable.

Bon, personne ne prenait la fuite vers la forêt et personne ne venait du fleuve. L'inconnu devait donc être restée en planque derrière le rocher. Je laissais mes bottes là où elles étaient et rabattais mon capuchon sur mon visage. Je m'attaquais à l'escalade du rocher. C'était plutôt facile quand on avait ma souplesse et je me retrouvais vite en haut. Je frissonnais car mes vêtements était tout humides à présent et le soleil ne pointerait le bout de son nez que dans un bon moment. Il faudrait faire avec.
Je me hissais au sommeil dans un dernier effort. Ouf ! C'était une belle grimpette finalement. Bon, à présent, l'intrus. Je me collais à la pierre et avançais jusqu'au bord de ma plate-forme. Je n'étais pas une guerrière dans l'âme mais j'avais quand même du courage à revendre. Sans hésitations mais avec prudence je jetais un oeil en bas. Personne coté fleuve... Je regardais alors côté forêt. Ah tiens, la voila ! Elle est aussi collée au rocher que moi et se fait toute discrète. On est deux à ne pas vouloir se faire voir. Je remarque avec intérêt la légère colonne de vapeur qui s'échappe de ses épaules. On dirait qu'elle cuit dans ses habits. Ou alors... Qu'elle fait s'évaporer l'eau qu'elle a sur elle. Ca c'est soit un pouvoir Nerise, soit un pouvoir Xuhecor. Si c'était une Nerise, j'étais dans de sales draps. Mais si c'était une Xuhecor alors ça valait la peine que je l'approche...
Aller réfléchis, un indice qui pourrait t'orienter... La chanson ! Un Nerise ne connait pas les chansons traditionnelles de Tormion et elle, elle avait chanté avec moi.

Je me basais sur peu de choses au fond mais j'avais le fol espoir de voir quelqu'un de la même race que moi. Pour ne pas lui faire peur mais attirer son attention, je ramenais mes cheveux sur un coté et les essoraient bien fort. un mince filet d'eau s'écoula sur le capuchon de l'inconnue. Avec ca si elle ne levais pas la tête...
Je prenais un gros risque. Si elle n'était pas Xuhecor ou si elle me prenait pour une ennemie, il fallait faire attention. Je tenais mon gant prêt et tous mes muscles étaient bandés, parés à passer à l'action. Mais je me sentais cruche. Je devais faire autre chose surement. Me montrer, sauter à terre, faire une entrée théâtrale... Mais ce n'était pas vraiment mon truc. Je préférais la technique du chat: je donne un coup de patte et je me retire vivement pour voir ce qui se passe. Je formulais à voix basse une courte prière pour que la flamme qui brûlait en moi soit plus vive et brillante en ces instants incertains.


*Brûle d'une force nouvelle et n'abandonne pas Celle qui Marche en Ton Nom. Consume mes ennemis et réchauffe mes amis, garde en moi la force de vivre pour continuer ma mission.*

L'instant sembla suspendu. Comme si tout autour de moi s'était arrêté, j'eus l'impression d'attendre pendant des heures ce qui n'étais même pas des secondes. Mon coeur battait à tout rompe dans ma poitrine, comme un cheval fou qui essaye de s'échapper de son box. Étrangement la situation avait quelque chose de grisant. Tout m'apparaissait avec une netteté nouvelle, chaque son, chaque mouvement, chaque changement de lumière je pouvais le percevoir avec une intensité nouvelle.
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Nagaliel
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MessageSujet: Re: [PV]Les ombres de la nuit   Mer 2 Fév - 0:14

Je reste là, derrière cet énorme rocher, à espérer que cet étranger ne vienne pas à moi. Espérant, pour la xème fois, de ne pas devoir dialoguer avec un être vivant passible d’être mon ennemi. Avec tout ce temps de solitude, ma définition d’ennemi avait bien changé. Qu’était-ce un ennemi? Non, ce n’était pas qu’une personne à qui je suis prête à faire du mal! Dans un premier temps, tout Xuhecors de sangs pur sont mes ennemis, pour la simple raison que j’ai eut ma jeunesse toute entière pour apprendre à les détester. Lorsqu’une personne ne vous fait que du tord, vous ne la fréquentée pas. Lorsqu’une personne vous blesse, vous l’éviter. Lorsqu’un peuple tout entier vous bannis, ils deviennent vos ennemis. Votre regard à leur égard change et, comme lorsque nous étions enfants, il n’existe plus que le blanc et le noir. Plus aucune nuance de gris. Je n’ai plus aucune confiance en ce peuple. Dans un deuxième temps, je ne pouvais pas dire que les parias étaient mes ennemis, car mon vécu m’avait enseigné qu’un paria pouvait être bon. Je n’avais qu’à penser à Rána ou à certains parias rencontrés au cours de mes derniers voyages. Dans un troisième temps, si je suivais la logique des Xuhecors, toutes autres races que les Xuhecors sont des ennemis, mais puisque les Xuhecors étaient mes ennemis, cela ne faisait-il pas de toutes les autres races mes alliés? Probablement que non.

Aurais-je vraiment dû me caché en espérant que l’inconnu quitte sans rien dire? Non, c’était l’une de mes idées les plus idiotes. J’aurai dû prendre la fuite comme je le fais toujours. Quitter cet endroit sans dire mot. Désormais, il était probablement trop tard pour le faire. Les bruits tout autour se mélangeaient avec d’autres, confirmant ainsi la présence de quelqu’un, ou de quelque chose. Il y avait trop de risques … Au fil de mes entrainements, mon père m’avait enseigné à ne pas sous-estimé un adversaire et à savoir lorsqu’il était impossible de fuir et cet instant était l’un d’eux. Pourquoi ne pouvais-je pas fuir? Le risque! Le risque de se faire attaquer durant la fuite était beaucoup trop élevé et je n’avais plus le luxe de me le permettre.

Je lève les yeux vers le ciel. Un bruit m’alerte d’un danger potentiel. Un bruit de pierres tombant au sol. Ne serait-ce qu’un minuscule morceau s’étant détaché du tout près de moi. Cette fois, je garde mon calme. Je réfléchie un court instant. Pour qu’elle raison une personne ferait-elle une chose pareille? Pourquoi tenter de m’atteindre de dos? Une attaque? Cette personne n’avait-elle donc aucun honneur? Attaquer quelqu’un de dos, s’était d’un dégoût. Aucun soldat digne de ce nom ne le ferait, simplement les lâches. Je ne bouge plus, ignorant où, exactement, se trouve mon ennemi.

Alors que j’écoutais les bruits sans bouger, je senti de l’eau couler sur mon capuchon et, bien que cette sensation fut bref, c’était des plus déplaisant. S’en était même insultant. Comme une personne pouvait-elle simplement penser à faire une chose pareille? Je me levai et me tournai
face au rocher pour me retrouver devant un inconnu. Selon l’habillement et les ossatures, se devait être une femme.

- Soit vous êtes la pire des idiotes, soit vous êtes un brillant stratège. Je préfère la première option, cela m’arrangerait.

Je ne souris pas. Je regarde l’inconnu droit dans les yeux. Puis, je lui demande ses intentions.

- Si vous avez de bonnes intentions, c’est loin d’être la bonne manière de procéder.

Je suis loin d’être heureuse. Je suis même furieuse, mais je ne le laisse pas paraître. J’attends …
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Sibyl
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MessageSujet: Re: [PV]Les ombres de la nuit   Jeu 3 Fév - 0:45

Je souris tranquillement. Mon cœur avait fait un bond quand elle avait bougé, je l'avoue. Mais j'étais si tendue que c'était normal. J'avais maîtrisé mon corps et il n'y semblait rien mais je ressentais un grand soulagement. Sa première réaction c'était de s'écarter et de m'invectiver. Je préférais ça à une attaque de front. C'était déjà plus mon terrain la parole.
Accroupis, un bras sur chaque genoux et les mains pendantes, je regardais l'inconnue de haut en bas en silence. Autant savoir à qui j'avais à faire parce que si je descendais de mon perchoir, elle changerait peut-être d'attitude et pouvais se lancer à l'attaque. Alors si je savais déjà à quelle genre de carrure je pouvais avoir à faire, mieux valait profiter du moment. Elle n'était pas très grande, plutôt frêle et je ne voyais pas de lame pendre à sa ceinture. Méfiance méfiance mais je ne pouvais pas restée perchée éternellement. D'un bond souple je quittais mon perchoir pour atterrir dans une réception digne d'une gymnaste de haut niveau.


-Et bien, quel caractère... Et si c'était la deuxième, que ferais-tu ? Tu me sauterai à la gorge ou prendrai la fuite ?-

Sans attendre de réponse de sa part, je croisais les bras et mon sourire disparut.

-Pourquoi tu m'espionnais ? Depuis combien de temps tu me suis ?-

Parce qu'il ne pouvait s'agir que de ça. Pourquoi serait-elle là sinon ? Cachée derrière ce rocher, comme par hasard, à cet endroit précis de la rivière. Pourquoi était-elle ici ? Je n'avais rien à me reprocher mais savoir qu'on me collait aux basques n'était pas des plus agréable. Cela voulait dire qu'on avait pas confiance en moi à Tormion. Pourquoi envoyer une Xuhecor sinon ? Ce devait être un coup de la Seconde prêtresse. Elle n'avait pas digéré mon admission au sein des Porteuses de Flamme et me haïssait pour la complicité que j'avais avec toutes les sœurs de l'ordre ainsi qu'avec les gens à l'extérieur. Alors ce ne serait pas étonnant qu'elle m'envoie quelqu'un pour me surveiller.
En voyant l'inconnue je n'y avait pas songé mais cette pensée venait de me frapper comme une éclair. La moutarde me monta tout de suite au nez. Je ne pouvais pas sentir la Seconde et ce coup bas était le dernier.


-Alors quoi ? C'est cette harpie qui t'envoie ? Elle n'a rien de mieux à faire que de me coller un chien aux basques ? Elle veut être certaine que je ne m'écarte pas du droit chemin ou alors elle cherche à me calomnier auprès de la Grande prêtresse ? Aller dis moi ! Toi qui semble avoir la langue bien pendue et qui joue si bien la comédie. Pourquoi Tormion t'envoie ? On a pas confiance en moi là-bas ? Une Xuhecor seule dehors peut se retourner contre son peuple c'est ça ? Encore une croyance stupide.-

Je m'énervais toute seule et ça commençait à ressembler à un défouloir plutôt qu'une accusation. Je ne m'en rendais pas compte mais toutes ces questions et ces petites injustices m'avaient beaucoup travaillé. L'image de mon frère me trottait encore dans la tête. Lui et ses idées stupides...

-Ou alors c'est mon aîné qui t'envoie. Peut-être espère-t-il que je rentre sagement pour tenir ce qu'il appelle "mon rôle de femme" ? Quoi qu'il en soit, tu ne me feras pas croire que tu te trouvais ici par le plus pur des hasard, ce serait un peu gros. Et que je sache, les Xuhecors à la surface ne sont pas foule alors tu dois avoir une raison d'être ici.-

Mon visage toujours dans l'ombre de mon capuchon, il était aussi caché que celui de la jeune femme devant moi. Elle avait l'air tendue et de mauvaise humeur aussi. Peut-être mon action pour attirer son attention sur ma présence, tout à l'heure sur le rocher ? Peu importait.
Tout ce qui comptait c'était de savoir pourquoi elle me surveillait de la sorte. Je n'allais pas faire comme si de rien était, la laisser filer et l'avoir sur le dos tout le temps. J'étais grande, je pouvais me débrouiller seule et personne ne viendrait gâcher mon rêve de liberté et d'air frais.
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